L’Europe, continent en déclin

L’Europe a toujours été, depuis qu’elle prétend être une entité politique, et pas seulement une zone de libre échange, le continent où les impôts et les dépenses sociales sont les plus élevés.

C’est une politique délibérée qui correspond aux principes résultant du traité de Lisbonne: l’Europe y est définie comme une « économie sociale de marché». À force d’être sociale, et d’avoir des besoins gigantesques pour permettre à ses États de dépenser, l’Europe finit par paralyser petit à petit son économie.

Il suffit de voir comment le PIB a évolué au cours des dernières années: le retard accumulé par rapport aux États-Unis est de plus en plus important et on ne voit aucune chance de le résorber sans une révision fondamentale de la politique européenne.

Dans tous les domaines de pointe, l’Europe est larguée, non seulement par rapport aux États-Unis, mais aussi à d’autres pays, dont la Chine. Elle subit les progrès plus qu’elle ne les accompagne, dans les domaines de l’intelligence artificielle, des véhicules électriques, de la communication digitale.

Dans ces domaines, l’Europe n’est en tête que parce qu’elle est toujours la première à Réglementer. Elle ne fait que rendre de plus en plus authentique cette phrase selon laquelle les Etats-Unis innovent, la Chine produit et l’Europe
réglemente.

C’est encore plus inquiétant depuis que l’actuel présidente de la Commission a entamé son premier mandat. Non seulement les réglementations sont plus nombreuses et plus serrées qu’autre part, mais elles sont uniformisées parce qu’elles proviennent de l’Union Européenne.

Typhanie Afschrift

Avocate fiscaliste, professeure ordinaire à l’ULB

Tout cela est très dommage. L’Europe était fondée sur quatre libertés fondamentales, et un principe de libre-échange qui, au départ, l’a fait progresser très rapidement. Depuis qu’au niveau européen, on se mêle d’être avant tout une instance de réglementation systématique, on ne peut que constater que ce continent est en déclin à cause de ses choix politiques de plus en plus centralisateurs.

En continuant ainsi, elle risque fort de provoquer une réaction de multiplication des « Brexit», malgré l’apparent échec de celui-ci dû à l’absence totale de vision des dirigeants conservateurs anglais.